{"id":2968,"date":"2024-07-20T23:18:11","date_gmt":"2024-07-20T21:18:11","guid":{"rendered":"http:\/\/alexianeriou.fr\/?p=2968"},"modified":"2025-09-01T12:58:54","modified_gmt":"2025-09-01T10:58:54","slug":"greuze-et-lart-du-portrait-au-xviiieme-siecle-greuze-septieme-partie","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/alexianeriou.fr\/?p=2968","title":{"rendered":"Greuze et l\u2019art fran\u00e7ais du portrait au XVIII\u00e8me si\u00e8cle, Greuze septi\u00e8me partie"},"content":{"rendered":"\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Le portrait donne un visage au XVIII\u00e8me si\u00e8cle<\/h2>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\">Dans la mesure o\u00f9 le privil\u00e8ge de se faire repr\u00e9senter par un grand artiste de son temps n\u2019\u00e9tait plus r\u00e9serv\u00e9 \u00e0 la famille royale et \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 de cour, une demande priv\u00e9e vit le jour et permit au portrait de devenir un genre pictural plus lucratif que la peinture d\u2019histoire. L\u2019ascension sociale, la richesse, l\u2019assurance croissante et le besoin de reconnaissance des couches montantes se traduisirent donc par d\u2019innombrables portraits individuels ou familiaux command\u00e9s par les anoblis, la bourgeoisie \ufb01nanci\u00e8re et \u00e9conomique et les \u00e9lites cultiv\u00e9es, les hommes de lettres.<\/p>\n\n\n\n<p>Les \u00e9volutions rapides de la soci\u00e9t\u00e9 dans\u00a0 la seconde moiti\u00e9 du XVIII\u00e8me si\u00e8cle et l\u2019ascension de la bourgeoisie s\u2019accompagn\u00e8rent d\u2019un d\u00e9sir de distinction sociale et de de repr\u00e9sentation publique, auquel le portrait r\u00e9pondit en grande partie.<\/p>\n\n\n\n<p>Le go\u00fbt pour le portrait conduisit \u00e0 une remise en question de la hi\u00e9rarchie acad\u00e9mique des genres. L\u2019Acad\u00e9mie royale de peinture et de sculpture avait refus\u00e9 d\u2019accorder le titre de peintre d\u2019histoire \u00e0 Greuze, apr\u00e8s sa pr\u00e9sentation de son tableau \u00ab Septime S\u00e9v\u00e8re et son fils\u00a0Caracalla\u00a0\u00bb, lequel en avait con\u00e7u un immense d\u00e9pit. Aussi pass\u00e9 chez le portraitiste Grandon au d\u00e9but de sa carri\u00e8re il n\u2019eut aucun mal \u00e0 s\u2019inscrire dans le mouvement porteur qu\u2019\u00e9tait la peinture des portraits.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans le m\u00eame temps tout au long du si\u00e8cle se poursuivit un long d\u00e9bat sur la forme et la fonction du portrait. Alors que les trait\u00e9s en France depuis le si\u00e8cle pr\u00e9c\u00e9dent avaient \u00e9t\u00e9 \u00e9labor\u00e9s autour de l\u2019Acad\u00e9mie et reposaient essentiellement sur l\u2019exp\u00e9rience des \u0153uvres et la mise en \u00e9vidence des qualit\u00e9s et d\u00e9fauts de celles-ci, de nouveaux acteurs interviennent. Les philosophes s\u2019interrogent sur la validit\u00e9 du jugement esth\u00e9tique ; les critiques d\u2019art sur l\u2019effet produit par les \u0153uvres ; les historiens sur les causes des changements qui se produisent dans l\u2019art \u00e0 travers les si\u00e8cles.<\/p>\n\n\n\n<p>La richesse de la peinture du XVIII\u00e8me si\u00e8cle et, en particulier du portrait, r\u00e9sulte aussi de ce qu\u2019il n\u2019 y a pas d\u2019unit\u00e9 de vues. Pour chaque artiste, il convient de rechercher ses influences, son originalit\u00e9 et sa vision picturale, le reconna\u00eetre et, le cas \u00e9ch\u00e9ant, aimer ses oeuvres. Ce qui se r\u00e9v\u00e8le \u00eatre captivant.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Une critique sans m\u00e9nagement du portrait classique<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>Le portrait classique, c\u2019est \u00e0 dire le portrait peint dans la \u201cgrande mani\u00e8re\u201d propre au XVII\u00e8me si\u00e8cle, codifi\u00e9e par l\u2019Acad\u00e9mie royale de peinture et de sculpture, principalement pour la peinture d\u2019histoire et, par suite, pour la peinture de genre et le portrait,  est devenu un art factice soumis \u00e0 des codes pr\u00e9cis.<\/p>\n\n\n\n<p>Les imp\u00e9trants artistes copient \u00e0 l\u2019envi les tableaux des ma\u00eetres reconnus et produisent des oeuvres sans imagination ni consistance. Il n\u2019y a plus ni vie, ni caract\u00e8re, rien de naturel, de sublime, de dramatique, ou d\u2019\u00e9pique. Plus d\u2019\u00e9lan ni de passion. <\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>Ainsi Diderot reproche t-il aux peintres de son temps les conventions acad\u00e9miques. \u201cLes \u00e9l\u00e8ves\u201d \u00e9crit-il \u201cpendant sept ann\u00e9es copient un mod\u00e8le qui prend toujours les m\u00eames positions contraintes, appr\u00eat\u00e9es, arrang\u00e9es\u201d.<\/p>\n\n\n\n<p>Les tableaux mythologiques ou all\u00e9goriques qui n\u2019ont plus de sens au XVII\u00e8me si\u00e8cle \u2013 ils en reprendront au si\u00e8cle suivant avec les pr\u00e9r\u00e9pha\u00eblites ou les symbolistes avec des visions totalement autres \u2013 procurent de l\u2019indiff\u00e9rence ou de l\u2019ennui. <\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"438\" height=\"347\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/image-42.png?resize=438%2C347\" alt=\"\" class=\"wp-image-3210\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/image-42.png?w=438 438w, https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/image-42.png?resize=300%2C238 300w\" sizes=\"(max-width: 438px) 100vw, 438px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">Fran\u00e7ois Boucher, <em>Renaud et Armide<\/em>, 1734, mus\u00e9e du Louvre, Paris<\/p>\n\n\n\n<p>Mais quand il s\u2019agit de Fran\u00e7ois Boucher, chevau-l\u00e9ger de l\u2019art baroque, on ne r\u00e9siste pas au plaisir de contempler encore et encore ses tableaux \u00e0 la gr\u00e2ce a\u00e9rienne, m\u00eame en l\u2019absence de toute port\u00e9e symbolique.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"391\" height=\"317\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/image-43.png?resize=391%2C317\" alt=\"\" class=\"wp-image-3214\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/image-43.png?w=391 391w, https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/image-43.png?resize=300%2C243 300w\" sizes=\"(max-width: 391px) 100vw, 391px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">Fran\u00e7ois Boucher, <em>Diane sortant du bain<\/em>, 1742, mus\u00e9e du Louvre ,Paris<\/p>\n\n\n\n<p>Oublions cet instant de r\u00eave et revenons aux s\u00e9v\u00e8res critiques de l\u2019\u00e9poque port\u00e9es contre les peintres acad\u00e9miques, leur vision cristallis\u00e9e de l\u2019art , sans omettre qu\u2019ils occupaient les plus hauts postes \u00e0 l\u2019Acad\u00e9mie royale de peinture et de sculpture et \u00e0 la Cour.<\/p>\n\n\n\n<p>G\u00e9n\u00e9ralement, dans le portrait classique, le mod\u00e8le ne regarde pas le spectateur et celui-ci ne saurait le regarder dans les yeux. Le mod\u00e8le h\u00e9ro\u00efque ou princier regarde par-dessus son \u00e9paule gauche, attitude sans doute prise par\u00a0 habitude naturelle, ou acquise par l\u2019\u00e9ducation. <\/p>\n\n\n\n<p>De m\u00eame, le\u00a0petit doigt\u00a0est lev\u00e9 ou la\u00a0main droite pos\u00e9e sur la poitrine, gestes qui devaient jadis exprimer \u00abde la gr\u00e2ce\u00bb. Ou alors les hommes mettent un bras sur le c\u00f4t\u00e9 et pointent du doigt quelque chose au loin.<\/p>\n\n\n\n<p>Certains sourires affich\u00e9s par les hauts personnages ou dignitaires eccl\u00e9siastiques\u00a0 paraissaient fats ou sans propos.<\/p>\n\n\n\n<p>Tout cela appara\u00eet au XVIII\u00e8me bien affect\u00e9 et d\u00e9nu\u00e9 de vision artistique.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Le portrait peint selon \u00a0\u00ab\u00a0la grande mani\u00e8re\u00a0\u00bb, telle que \u00a0pratiqu\u00e9e par Charles Le Brun ou Rigaud au XVII\u00e8me si\u00e8cle se maintient pourtant<\/strong>.<\/h2>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-large is-resized\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"754\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/image-2.png?resize=754%2C1024\" alt=\"\" class=\"wp-image-2976\" style=\"width:754px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/image-2.png?resize=754%2C1024 754w, https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/image-2.png?resize=221%2C300 221w, https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/image-2.png?resize=768%2C1043 768w, https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/image-2.png?w=864 864w\" sizes=\"(max-width: 754px) 100vw, 754px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">Fran\u00e7ois Rigaud, <em>Portrait de Marie Cadenne<\/em>, 1684, mus\u00e9e des Beaux-arts de Caen.<\/p>\n\n\n\n<p>La mani\u00e8re classique de peindre les portraits s\u2019est toutefois maintenue au XVIII\u00e8me si\u00e8cle avec un suc\u00e8s relatif, mitig\u00e9, voire critique on l\u2019a dit. Cette mani\u00e8re de peindre, empreinte de style baroque, \u00a0envisage d\u2019abord de faire le portrait d\u2019un personnage de pied en cap dans une posture convenue\u00a0: par sa pose, le mod\u00e8le indique sa condition, son ambition ou sa vanit\u00e9. Celle-ci est toujours la clef de la composition.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-large\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"768\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/image-3.png?resize=768%2C1024\" alt=\"\" class=\"wp-image-2990\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/image-3.png?resize=768%2C1024 768w, https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/image-3.png?resize=225%2C300 225w, https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/image-3.png?w=945 945w\" sizes=\"(max-width: 768px) 100vw, 768px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">Charles-Andr\u00e9 Van Loo, <em>Portrait de Louis XV<\/em>, apr\u00e8s 1750. Les d\u00e9cors sont chatoyants et les v\u00eatements chamarr\u00e9s forc\u00e9ment.<\/p>\n\n\n\n<p>Casque et cuirasse sont ici aussi convoqu\u00e9s. Mais Van Loo sauve le visage de Louis XV dont le regard se perd au loin dans le vague\u2026\u00e0 l\u2019\u00e2me peut \u00eatre.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-large\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"718\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/image-4.png?resize=718%2C1024\" alt=\"\" class=\"wp-image-2993\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/image-4.png?resize=718%2C1024 718w, https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/image-4.png?resize=210%2C300 210w, https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/image-4.png?resize=768%2C1095 768w, https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/image-4.png?w=844 844w\" sizes=\"(max-width: 718px) 100vw, 718px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Jean-Marc Nattier, Portrait de Madame Henriette (fille de Louis XV) jouant dela basse de viole, 1754, Vmus\u00e9e des ch\u00e2teaux de Versailes et de Trianon.<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n<p>C\u2019est sa marque de fabrique, Nattier campe la princesse dans la grande mise en sc\u00e8ne d\u2019autrefois, \u00ab\u00a0la grande mani\u00e8re\u00a0\u00bb celle de Rigaud, mais en plus fade\u00a0: devant une immense draperie bleue qui couvre un clavecin, la princesse en larges paniers de brocart rouge safran\u00e9 tient une basse de viole, plut\u00f4t qu\u2019elle n\u2019en joue. Une parade sans \u00e9motion. Et que regarde-t-elle au juste. La position n\u2019est pas naturelle mais surtout sans gr\u00e2ce sans finesse sans art. On\u00a0 chercherait en vain la personnalit\u00e9 du mod\u00e8le repr\u00e9sent\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>La basse de viole de Madame Henriette montre une grande prudence de Nattier face \u00e0 l\u2019\u00e9mancipation f\u00e9minine, ce que ne fera pas Quentin de la Tour avec ses mod\u00e8les entour\u00e9s de livres, souvent des Lumi\u00e8res (Fran\u00e7ois Boucher \u00e9vitera toutefois de montrer les titres des ouvrages).<\/p>\n\n\n\n<p>Aussi Nattier fut-il\u00a0 une victime marquante du d\u00e9senchantement pour ce type de portrait en pied et d\u2019apparat. Quand il ne fut pas marqu\u00e9 du sceau du ridicule lorsqu\u2019il peignait une femme du monde ou une princesse sous les traits d\u2019une d\u00e9esse antique.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"581\" height=\"734\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/image-5.png?resize=581%2C734\" alt=\"\" class=\"wp-image-3002\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/image-5.png?w=581 581w, https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/image-5.png?resize=237%2C300 237w\" sizes=\"(max-width: 581px) 100vw, 581px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Jean-Marc Nattier, <em>Portrait de femme sous les traits de Diane<\/em>, 1735, huile sur toile,\u00a0<br>96 x 76 cm<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n<p>Mais chacune pouvait se faire peindre en Diane par cet artiste bien en cour.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"336\" height=\"420\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/image-6.png?resize=336%2C420\" alt=\"\" class=\"wp-image-3006\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/image-6.png?w=336 336w, https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/image-6.png?resize=240%2C300 240w\" sizes=\"(max-width: 336px) 100vw, 336px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n<p>L\u00e0 c\u2019est madame de Pompadour en Diane (1746) toulours peinte par Jean-Baptiste Nattier Mus\u00e9e national du Ch\u00e2teau et des Trianons. Int\u00e9ressant.<\/p>\n\n\n\n<p>Au reste, Nattier n\u2019est pas tomb\u00e9 dans un oubli complet. Somerset maugham, dans son roman, \u201cLe fil du rasoir\u201d \u00e9crit en 1943 et publi\u00e9 un an apr\u00e8s, on peut lire :\u201d Il avait invit\u00e9 Marie-Louise de Florimond, qui associait \u00e0 des relations irr\u00e9prochables une immoralit\u00e9 notoire. Elle avait quarante ans, mais en paraissait dix de moins; elle avait h\u00e9rit\u00e9 la beaut\u00e9 d\u00e9licate de son a\u00efeule dont le portrait, sign\u00e9 de Nattier, figurait maintenant dans l\u2019une de collections les plus r\u00e9put\u00e9es d\u2019Am\u00e9rique\u201d.<\/p>\n\n\n\n<p>Peut-\u00eatre pensait-il en \u00e9crivant son roman au portrait, non pas d\u2019une a\u00efeule de la fictive Marie-Louise mais \u00e0 une autre Marie-Louise. <\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"855\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/image.png?resize=855%2C1024\" alt=\"\" class=\"wp-image-3376\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/image.png?resize=855%2C1024 855w, https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/image.png?resize=251%2C300 251w, https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/image.png?resize=768%2C920 768w, https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/image.png?w=1002 1002w\" sizes=\"(max-width: 855px) 100vw, 855px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p>Jean-marc Nattier, <em>Madame Marie-Louise de France<\/em>, 1748, Mus\u00e9e de Versailles.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans Sodome et Gomorrhe c\u2019est le portrait de la duchesse de Ch\u00e2teauroux de Nattier qui est cit\u00e9 \u00ab\u00a0chef d\u2019\u0153uvre de Nattier fixant la duchesse en majestueuse et meurtri\u00e8re d\u00e9esse\u201d.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"945\" height=\"743\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/image-9.png?resize=945%2C743\" alt=\"\" class=\"wp-image-3435\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/image-9.png?w=945 945w, https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/image-9.png?resize=300%2C236 300w, https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/image-9.png?resize=768%2C604 768w\" sizes=\"(max-width: 945px) 100vw, 945px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p>Jean-Marc Nattier, <em>Marie-Anne de Mailly-Nesle, duchesse de Ch\u00e2teauroux<\/em>, 1744, repr\u00e9sent\u00e9e en point du jour<\/p>\n\n\n\n<p>Elle n\u2019a toutefois, sans chercher \u00e0 contredire Marcel Proust,  d\u2019une conqu\u00e9rante que d\u2019\u00eatre devenue la ma\u00eetresse du roi Louis XV, pr\u00e9sent\u00e9e sous les traits d\u2019une d\u00e9esse, marque de fabrique de Nattier.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Toutefois le rococo donne un<strong> <\/strong>regain d\u2019int\u00e9r\u00eat \u00e0 ce type de portraits en leur conf\u00e9rant un caract\u00e8re somptueusement d\u00e9coratif.<\/h2>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"741\" height=\"897\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/image-7.png?resize=741%2C897\" alt=\"\" class=\"wp-image-3016\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/image-7.png?w=741 741w, https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/image-7.png?resize=248%2C300 248w\" sizes=\"(max-width: 741px) 100vw, 741px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Fran\u00e7ois Boucher, <em>Portrait de Madame de Pompadour<\/em>, 1758, Huile sur toile, 72\u00d757 cm, Londres, The Victoria and Albert Museum.<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n<p>Ce n\u2019est peut-\u00eatre\u00a0 pas le visage de la Pompadour, la pose convenue, simple posture qui nous attire d\u2019abord\u2026 mais les \u00e9clats des plis m\u00e9talliques de l\u2019immense robe de satin brun ros\u00e9 dans un d\u00e9cor artificiel et d\u00e9licieusement gothique avant la lettre. Mais Boucher met aussi tout en \u0153uvre pour attirer l\u2019attention sur les yeux noirs, vifs et directs de la femme intelligente.\u00a0<\/p>\n\n\n\n<p>Le choix des teintes de la robe, un ros\u00e9 dor\u00e9, conf\u00e8re toutefois au sujet un l\u00e9ger trouble sentimental sans once d\u2019esprit libertin, une libert\u00e9 d\u2019\u00eatre et de ressentir et, par la pr\u00e9sence du livre, une libert\u00e9 de pens\u00e9e. Est-ce bien confortable pour lire\u00a0? C\u2019est de l\u2019art et non pas un exercice de vraisemblance. \u00a0<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-large\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"746\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/image-8.png?resize=746%2C1024\" alt=\"\" class=\"wp-image-3022\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/image-8.png?resize=746%2C1024 746w, https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/image-8.png?resize=218%2C300 218w, https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/image-8.png?resize=768%2C1055 768w, https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/image-8.png?w=945 945w\" sizes=\"(max-width: 746px) 100vw, 746px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Maurice Quentin de la Tour, <em>Portrait en pied de la marquise de Pompadour<\/em> ,1752\/1755, Pastel, mus\u00e9e du Louvre, Paris.<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n<p>Taill\u00e9e dans une pi\u00e8ce de lampas broch\u00e9 de fils d\u2019or formant un motif de palmes et de fils de soie dessinant des rameaux fleuris, la robe est doubl\u00e9e de soie gris perle et s\u2019enrichit d\u2019une pi\u00e8ce d\u2019estomac triangulaire \u00e0 \u00e9chelle de n\u0153uds de taille d\u00e9croissante, d\u2019une modestie autour du d\u00e9collet\u00e9, de trois rangs d\u2019engageantes de dentelle de Valenciennes ou d\u2019Alen\u00e7on prolongeant les manches, d\u2019une jupe faite de la m\u00eame \u00e9toffe que la robe et d\u2019un ou plusieurs jupons \u00e9galement bord\u00e9s de dentelles. Elle est entour\u00e9e de lambris \u00e0 fond bleu et mouluration chantourn\u00e9e et dor\u00e9e, la console ou la table en bois sculpt\u00e9 et dor\u00e9, le canap\u00e9 et le fauteuil \u00ab \u00e0 la reine \u00bb dont les dossiers sont garnis de tapisseries florales (rien que la description \u00e0 elle seule est rococo,ce qui montre que la litt\u00e9rature aussi peut \u00eatre rococo)<\/p>\n\n\n\n<p>Protectrice des arts, elle tient \u00e0 la main une partition musicale. Les livres sont les derniers accessoires dont la pr\u00e9sence serait, dans cette composition foisonnante, le fruit du hasard. La Henriade de Voltaire pla\u00e7ait en avant un auteur que le souverain n\u2019appr\u00e9ciait pas et pouvait \u00eatre per\u00e7u comme une critique de la monarchie absolue. Paru en 1748, le texte de Montesquieu avait \u00e9t\u00e9 mis \u00e0 l\u2019Index par l\u2019\u00c9glise en d\u00e9cembre 1751, farouchement oppos\u00e9e \u00e0 la s\u00e9paration des pouvoirs et \u00e0 la monarchie constitutionnelle pr\u00f4n\u00e9e par l\u2019ouvrage.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Le portrait de la femme comme t\u00e9moignage de son r\u00f4le entre jeux des modes, de la sensualit\u00e9 et de l\u2019esprit.<\/h2>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><\/h2>\n\n\n\n<p>Dans les portraits de femmes, on observe davantage un prestige de la f\u00e9minit\u00e9 qu\u2019une \u00e9mancipation de la femme. Elle fait l\u2019objet de toute la gamme des attirances, de l\u2019adoration ou, comme ici, de la grossi\u00e8ret\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-gallery has-nested-images columns-default is-cropped wp-block-gallery-1 is-layout-flex wp-block-gallery-is-layout-flex\">\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"775\" height=\"1024\" data-id=\"3348\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/Greuze-La-paresseuse-italienne.jpg?resize=775%2C1024\" alt=\"\" class=\"wp-image-3348\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/Greuze-La-paresseuse-italienne.jpg?resize=775%2C1024 775w, https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/Greuze-La-paresseuse-italienne.jpg?resize=227%2C300 227w, https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/Greuze-La-paresseuse-italienne.jpg?resize=768%2C1015 768w, https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/Greuze-La-paresseuse-italienne.jpg?w=1001 1001w\" sizes=\"(max-width: 775px) 100vw, 775px\" \/><\/figure>\n<\/figure>\n\n\n\n<p>Jean-Baptiste Greuze, <em>Indolence ou La paresseuse<\/em>, 1756, huile sur toile, 70 x 49 cm, Wadsworth Atheneum, Hartford.<\/p>\n\n\n\n<p>Greuze expose au Salon de 1757 quatre tableaux \u00ab en costume italien \u00bb, dont L\u2019Indolence ou La Paresseuse italienne. On y retrouve l\u2019influence non seulement de Caravage mais aussi de Subleyras, notamment dans la belle r\u00e9ponse aux tons cr\u00e8me et blanc, rehauss\u00e9e de passages de couleurs chaudes, comme les chaussures \u00e9carlates de la jeune fille. Le sens des textures de Greuze se manifeste dans la gamme des mat\u00e9riaux propos\u00e9s : de la d\u00e9licatesse du verre au tissu grossier de la jupe, sans oublier les tons p\u00e2les mais sensuellement lourds de la chair. Un penchant typiquement greuzien pour les plaisirs du d\u00e9sordre caract\u00e9rise l\u2019ensemble de la composition. Ce n\u2019est pas l\u2019Italie mais son propre temp\u00e9rament qui semble l\u2019inspirer.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u2019une fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale la femme sourit peu dans les tableaux du XVIII\u00e8me. Au mieux, on observe un sourire voil\u00e9, esquiss\u00e9, ou rentr\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le portrait envahit les expositions au milieu du si\u00e8cle<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>On voit dans chaque Salon annuel, un nombre consid\u00e9rable de portraits de courtisans et de gens du monde, de c\u00e9l\u00e9brit\u00e9s et de\u00a0 parvenus, de gens de lettres, de femmes de diff\u00e9rentes conditions.\u00a0 (Sur le Salon bisannuel au XVIII\u00e8me si\u00e8cle -ann\u00e9es impaires- , qui se tenait dans les galeries du Louvre \u00e0 Paris, voir sur ce site l\u2019article sur Greuze, sixi\u00e8me partie \u00ab\u00a0Greuze un peintre dans son si\u00e8cle\u00a0\u00bb)<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019\u00e9minent critique de l\u2019\u00e9poque, La Font de Saint-Yenne s\u2019\u00e9levait contre l\u2019exposition au Salon des portraits de cette \u00ab foule d\u2019hommes, obscurs, sans nom, sans talents, sans r\u00e9putation, m\u00eame sans physionomie \u00bb. En vertu de quoi, s\u2019emportait-il, ces \u00ab personnages g\u00e9ants \u00e0 leurs propres yeux, et atomes \u00e0 ceux du public \u00bb, s\u2019arrogeraient-ils le droit d\u2019exposer publiquement leur visage, sans \u00e9gard \u00e0 leur \u00ab enti\u00e8re insipidit\u00e9\u00a0\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Le portrait \u00e9tait regard\u00e9 comme un genre pictural mineur bien loin derri\u00e8re la peinture d\u2019histoire, et m\u00eame la peinture de genre.\u00a0 Pourtant il s\u2019impose et devient omnipr\u00e9sent.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019argent signifiait un certain pouvoir, de l\u2019influence et une situation mondaine. Aussi les membres des familles bourgeoises veulent-ils avoir leur portrait. Dans les salons ou galeries, on peut voir des portraits de personnages suffisants, d\u00e9bonnaires ou bienveillants, de jeunes talenteux et de financiers prosp\u00e8res, des portraits d\u2019hommes pointilleux ou d\u00e9sinvoltes, bien d\u2019autres caract\u00e9res.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"534\" height=\"734\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/image-10.png?resize=534%2C734\" alt=\"\" class=\"wp-image-3031\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/image-10.png?w=534 534w, https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/image-10.png?resize=218%2C300 218w\" sizes=\"(max-width: 534px) 100vw, 534px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a0<br>Jacques Autreau, <em>Portrait de l\u2019homme \u00e0 la pipe<\/em>, huile sur toile 132 x 96 cm.<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n<p>Il a l\u2019air d\u2019un brave homme, am\u00e8ne et d\u2019agr\u00e9able commerce, convenons-en.<\/p>\n\n\n\n<p>Les hommes de lettres aussi.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"539\" height=\"750\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/image-11.png?resize=539%2C750\" alt=\"\" class=\"wp-image-3035\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/image-11.png?w=539 539w, https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/image-11.png?resize=216%2C300 216w\" sizes=\"(max-width: 539px) 100vw, 539px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Maurice Quentin de la Tour, <em>Portrait de Jean-Jacques Rousseau<\/em>, expos\u00e9 au Salon de 1753, mus\u00e9e Antoine L\u00e9cuyer, Saint Quentin<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n<p>Quentin de La Tour nous offre la pr\u00e9sence merveilleuse de Jean-Jacques Rousseau, empreint de sensibilit\u00e9, de po\u00e9sie, un promeneur que l\u2019on veut bien croire solitaire.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"866\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/image-12.png?resize=866%2C1024\" alt=\"\" class=\"wp-image-3037\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/image-12.png?resize=866%2C1024 866w, https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/image-12.png?resize=254%2C300 254w, https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/image-12.png?resize=768%2C909 768w, https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/image-12.png?w=945 945w\" sizes=\"(max-width: 866px) 100vw, 866px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a0<br>Maurice Quentin de La Tour (1704-1788), Portrait de Voltaire, v. 1736. Pastel sur papier, 60 x 50 cm. Ch\u00e2teau de Voltaire (Ferney).<\/figcaption><\/figure>\n\n\n\n<p>Maurice Quentin de La Tour est parvenu \u00e0 v\u00e9ritablement incarner le proc\u00e9d\u00e9 stylistique de l\u2019ironie de l\u2019\u00e9crivain, gr\u00e2ce \u00e0 sa science du sourire et de la dissym\u00e9trie des yeux\u00a0; un \u0153il droit malicieux, le gauche plus sage et le fameux sourire, aux l\u00e8vres fines, discr\u00e8tement impertinent. Une expression intense se d\u00e9gage de ce visage qui sans \u00eatre beau est cependant charmeur.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"800\" height=\"1021\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/800px-Greuze_Portrait_of_Diderot.jpg?resize=800%2C1021\" alt=\"\" class=\"wp-image-3342\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/800px-Greuze_Portrait_of_Diderot.jpg?w=800 800w, https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/800px-Greuze_Portrait_of_Diderot.jpg?resize=235%2C300 235w, https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/800px-Greuze_Portrait_of_Diderot.jpg?resize=768%2C980 768w\" sizes=\"(max-width: 800px) 100vw, 800px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p>Greuse, <em>Portrait de Diderot<\/em>, Dessin \u00e0 la pierre noire , pierre noire et blanche avec estompes sur papier brun,36,1 x  28,3 cm NewYork , The Morgan Library and Museum<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>Diderot est bien pr\u00e9sent dans toute sa force musculaire, le front d\u00e9gag\u00e9 , les tempes d\u00e9garnies jusqu\u2019\u00e0 tr\u00e8s haut, la chevelure pos\u00e9e sur sa t\u00eate comme une perruque mal pos\u00e9e, volontaire et pr\u00eat \u00e0 donner toute sa mesure.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019\u00e9minent banquier Jean Joseph de Laborde faisait travailler plusieurs peintres de portraits en m\u00eame temps. Il commanda \u00e0 Greuze en 1769 un portrait de famille.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"945\" height=\"719\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/image-13.png?resize=945%2C719\" alt=\"\" class=\"wp-image-3043\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/image-13.png?w=945 945w, https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/image-13.png?resize=300%2C228 300w, https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/image-13.png?resize=768%2C584 768w\" sizes=\"(max-width: 945px) 100vw, 945px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">Jean-Baptiste Greuze<em>, La M\u00e8re bien-aim\u00e9e<\/em> , 1769,\u00a0Peinture sur toile, 99\u00d7131 cm, collection du comte de la Vinaza, marquis de Laborde (Madrid).<\/p>\n\n\n\n<p>Le tableau repr\u00e9sente le banquier entour\u00e9 de sa famille sous la forme d\u2019une sc\u00e8ne de genre rustique. En voulant trop montrer l\u2019affection de ses nombreux enfants pour leur m\u00e8re, ceux-ci l\u2019\u00e9touffent et nous aussi. Et ces sc\u00e8nes familiales, intimes, avec la figure du patriarche, ici le banquier en homme simple naturel, ces \u201cbonnes femmes\u201d et la cohorte d\u2019enfants, exasp\u00e8rent.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Trop de portraits tuent le portrait<\/h2>\n\n\n\n<p>Maurice Quentin de la Tour peut \u00eatre regard\u00e9 comme le ma\u00eetre du portrait au XVIII\u00e8me si\u00e8cle. <\/p>\n\n\n\n<p>Toutefois, l\u2019abb\u00e9 Gougenot \u2013 qui tout bonnement abb\u00e9 qu\u2019il \u00e9tait \u00e9tait aussi conseiller honoraire au grand conseil, associ\u00e9 libre de l\u2019Acad\u00e9mie royale de peinture et de sculpture et, \u00e0 la bonne heure, fortun\u00e9 \u2013 et il est loin d\u2019\u00eatre le seul, s\u2019ennuie en 1747 devant \u00ab\u00a0la trop grande uniformit\u00e9\u00a0\u00bb de ses portraits \u00ab\u00a0plac\u00e9s les uns \u00e0 la file des autres\u00a0\u00bb. Il est vrai que Quentin de la Tour avait d\u00e9j\u00e0 expos\u00e9, en 1743, 18 portraits et depuis lors il n\u2019avait cess\u00e9 d\u2019en apporter au\u00a0 Salon annuel.<\/p>\n\n\n\n<p>Et l\u2019on s\u2019ennuie davantage encore devant les portraits tr\u00e8s nombreux des petits ma\u00eetres. Des portraits fades voire ridicules. Des personnages inexpressifs. Mais ce n\u2019est pas le cas des portraits de Greuze.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"923\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/image-14.png?resize=923%2C1024\" alt=\"\" class=\"wp-image-3049\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/image-14.png?resize=923%2C1024 923w, https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/image-14.png?resize=270%2C300 270w, https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/image-14.png?resize=768%2C852 768w, https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/image-14.png?w=937 937w\" sizes=\"(max-width: 923px) 100vw, 923px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Greuze, <em>Portrait de l\u2019abb\u00e9 Louis Gougenot<\/em>, 1757, peinture \u00e0 l\u2019huile sur toile<br>Hauteur : 59,6 cm ; Largeur : 53 cm, (format ovale), mus\u00e9e des beaux-arts, Dijon. <br><br>Greuze a su mettre en \u00e9vidence le caract\u00e8re solitaire et pourtant sociable de son mod\u00e8le, m\u00e9c\u00e8ne autant qu\u2019abb\u00e9. Loin de l\u2019\u00e9l\u00e9gance pastel d\u2019un Quentin de la Tour<\/figcaption><\/figure>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"741\" height=\"925\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/image-15.png?resize=741%2C925\" alt=\"\" class=\"wp-image-3051\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/image-15.png?w=741 741w, https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/image-15.png?resize=240%2C300 240w\" sizes=\"(max-width: 741px) 100vw, 741px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Maurice Quentin de la Tour, <em>Auto-portrait<\/em>, pastel (le pastel est une teinture, souvent dans les tons bleus, tir\u00e9e de la plante \u00e9ponyme, utilis\u00e9e au XVIII\u00e8me ssi\u00e8cle et bien moins cher que l\u2019indigo que l\u2019on emploie dans la peinture \u00e0 l\u2019huile)<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n<p>Un auto-portrait d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment rococo et, dans les yeux, une expresion \u00e0 la fois p\u00e9n\u00e9trante et amus\u00e9e.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"753\" height=\"938\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/image-16.png?resize=753%2C938\" alt=\"\" class=\"wp-image-3055\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/image-16.png?w=753 753w, https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/image-16.png?resize=241%2C300 241w\" sizes=\"(max-width: 753px) 100vw, 753px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Maurice Quentin de la Tour,\u00a0 <em>Jean Le Rond d\u2019Alembert, math\u00e9maticien, physicien, philosophe et encyclop\u00e9diste<\/em>.<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n<p>Et, dans les yeux, une expression \u00e0 la fois affable et amus\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>Autant de portraits autant d\u2019instantan\u00e9s de la vie d\u2019un homme anonyme ou c\u00e9l\u00e8bre.<\/p>\n\n\n\n<p>Enfin, \u00a0l\u2019on observe que \u00a0\u00e0 cette \u00e9poque les portraits de femmes sont nombreux, peut-\u00eatre m\u00eame les plus nombreux.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-large\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"845\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/image-17.png?resize=845%2C1024\" alt=\"\" class=\"wp-image-3060\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/image-17.png?resize=845%2C1024 845w, https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/image-17.png?resize=248%2C300 248w, https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/image-17.png?resize=768%2C931 768w, https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/image-17.png?w=945 945w\" sizes=\"(max-width: 845px) 100vw, 845px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a0<br>Joseph-Marie Vien, <em>Portrait de madame Vien<\/em><\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>La v\u00e9rit\u00e9 du portrait, il faut choisir: La ressemblance ou un propos artistique, la personnalit\u00e9 du sujet ou un mod\u00e8le h\u00e9ro\u00efque, la nature fid\u00e8le ou un id\u00e9al.<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>Regarder les portraits de Quentin de la Tour, c\u2019est rencontrer des instants expressifs. Les visages sont parlants. C\u2019est un g\u00e9nie de la technique, il ne peint pas autre chose qu\u2019une expression \u00e0 un moment donn\u00e9 en respectant les insignes d\u2019un rang social, d\u2019une fonction, d\u2019un \u00e9tat. Le signe de l\u2019engagement social chez Quentin de La Tour r\u00e9side moins dans les attributs ext\u00e9rieurs (v\u00eatements, d\u00e9cors) que dans l\u2019expression saisie au vif, dans une humeur momentan\u00e9e o\u00f9 on se demande m\u00eame si le mod\u00e8le ne va pas d\u00e9clarer quelque chose s\u2019exprimer.<\/p>\n\n\n\n<p>Chez Quentin de La Tour, les significations morales paraissent faibles ou fauss\u00e9es. Diderot a besoin de percevoir un discours signifiant, moral ou vertueux, li\u00e9 au mouvement naturel de la soci\u00e9t\u00e9 et l\u2019accompagnant. Cela ne doit pas  \u00eatre un miroir ou un reflet conforme de la r\u00e9alit\u00e9, mais une sorte de \u00ab\u00a0peinture d\u2019histoire \u00bb transpos\u00e9e dans la peinture de genre et jusque dans le portrait.<\/p>\n\n\n\n<p>Greuze a tent\u00e9 de donner une coloration morale \u00e0 ses personnages camp\u00e9s dans des sc\u00e8nes de genre visant \u00e0 transmettre des messages \u00e9difiants.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"741\" height=\"563\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/image-19.png?resize=741%2C563\" alt=\"\" class=\"wp-image-3065\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/image-19.png?w=741 741w, https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/image-19.png?resize=300%2C228 300w\" sizes=\"(max-width: 741px) 100vw, 741px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Jean-Baptiste Greuze, <em>L\u2019accord\u00e9e de village<\/em>, 1761, huile sur toile, 92x117cm, mus\u00e9e du Louvre ,Paris<\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n<p>Jean Starobinski \u00e9crit de son art, dans son livre \u00abl\u2019invention de la libert\u00e9\u00bb: \u00ab\u00a0 Art b\u00e2tard, qui refuse l\u2019id\u00e9alit\u00e9 des formes et des objets pour mieux exalter l\u2019id\u00e9alit\u00e9 des sentiments coul\u00e9s au moule d\u2019une psychologie traditionnelle. Le fils est ingrat, le p\u00e8re g\u00e9n\u00e9reux et digne, la fianc\u00e9e timide, etc\u2026Art qui, pour avoir voulu marier la pr\u00e9sence vraie des objets et la rh\u00e9torique des passions, perd souvent sur les deux tableaux. Car la description de la diff\u00e9rence individuelle exige le repos silencieux et l\u2019\u00e9loquence des sentiments veut une grande \u00e9conomie du visible. Or nous sommes chez Greuze \u00e0 la fois dans le bruit et l\u2019encombrement.\u00a0\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">La pr\u00e9\u00e9minence du dessin et de la ligne et ou celle du coloris<\/h2>\n\n\n\n<p>Mais c\u2019est surtout sur le plan pictural que le d\u00e9bat s\u2019ouvre. Ici, le dessin est travaill\u00e9, la composion est soign\u00e9e, Greuze privil\u00e9gie la sc\u00e8ne de genre  plut\u00f4t qu\u2019une sc\u00e8ne mythologique.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce tableau, par exemple, \u00a0permet ainsi de mieux comprendre l\u2019art de Greuze et sa place dans le si\u00e8cle. A la fin du XVII\u00e8me si\u00e8cle avait commenc\u00e9 un d\u00e9bat dit \u00ab\u00a0Querelle des coloris \u00bb(1688) entre les tenants du dessin et de la ligne (dans le sillage de Rapha\u00ebl et de Charles Le\u00a0Brun, premier peintre du roi Louis XIV) et ceux qui privil\u00e9giaient la couleur puisant leur inspiration dans la facture color\u00e9e et fougueuse h\u00e9rit\u00e9e des V\u00e9nitiens (notamment Titien) et des Flamands (surtout Rubens dont l\u2019influence est demeur\u00e9e pr\u00e9gnante, mais aussi de Rembrandt).<\/p>\n\n\n\n<p> Greuze est un remarquable dessinateur, mais il est aussi influenc\u00e9 par l\u2019art du portrait de Rubens et la lumi\u00e8re particuli\u00e8re que l\u2019on trouve dans les tableaux de celui-ci.<\/p>\n\n\n\n<p>Aussi l\u2019art de Greuze est-il un syncr\u00e9tisme des tendances oppos\u00e9es, de quoi d\u00e9plaire \u00e0 tout le monde.<\/p>\n\n\n\n<p>Surtout au XVIII\u00e8me si\u00e8cle, l\u2019heure n\u2019est pas \u00e0 la conciliation entre les deux conceptions. La dispute s\u2019ach\u00e8ve au profit des tenants de la couleur, dont La Fosse est l\u2019un des chefs de file, au d\u00e9triment de ceux du dessin, ouvrant ainsi la voie aux futurs talents de la peinture fran\u00e7aise du\u00a0xviii<sup>e<\/sup>\u00a0si\u00e8cle, tels Watteau, Boucher ou Fragonard. Mais Greuze ne se glissera pas dans la br\u00e8che.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"862\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/image.png?resize=862%2C1024\" alt=\"\" class=\"wp-image-3478\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/image.png?resize=862%2C1024 862w, https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/image.png?resize=253%2C300 253w, https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/image.png?resize=768%2C912 768w, https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/image.png?w=945 945w\" sizes=\"(max-width: 862px) 100vw, 862px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p>Charles de la Fosse (1636-1715), \u00e9lu le 7 avril 1699 directeur de l\u2019Acad\u00e9mie royale de peinture et de sculpture, <em>Mo\u00efse sauv\u00e9 des eaux<\/em>, 1701, \u00a0mus\u00e9e du Louvre Paris.<\/p>\n\n\n\n<p>On observe toutefois qu\u2019il est rest\u00e9 fid\u00e8le, sinon \u00e0 la peinture d\u2019histoire, \u00e0 ce qui lui \u00e9tait apparent\u00e9, la peinture mythologique. Mais la diff\u00e9rence entre les univers et les visions de ces deux peintres est consid\u00e9rable. Il en va de m\u00eame des portraits entre ceux de Boucher ( voir plus haut ceux de Madame de Pompadour, par exemple), tout en coloris, et ceux de Greuze en traits fins et en model\u00e9s expressifs. <\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-full\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"741\" height=\"983\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/image-1.png?resize=741%2C983\" alt=\"\" class=\"wp-image-3484\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/image-1.png?w=741 741w, https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/image-1.png?resize=226%2C300 226w\" sizes=\"(max-width: 741px) 100vw, 741px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>Charles de la Fosse, <em>Bacchus et Ariane, all\u00e9gorie de l\u2019automne<\/em>,\u00a01701, huile sur toile, 242 x 165 cm, mus\u00e9e des \u00a0Beaux-arts, Dijon.<\/p>\n\n\n\n<p>Son histoire est\u00a0 touchante, Ariane a\u00a0 \u00e9t\u00e9 abandonn\u00e9e sur l\u2019\u00eele de Naxos par le h\u00e9ros Th\u00e9s\u00e9e, alors m\u00eame qu\u2019elle l\u2019avait lib\u00e9r\u00e9 du Minotaure sur l\u2019\u00eele de Cr\u00e8te. Heureusement secourue par Bacchus, le dieu du vin et de la vigne et deviendra sa compagne. Ce sujet a\u00a0 attir\u00e9 l\u2019attention d\u2019une \u00e9poque oscillant entre sentimentalisme et \u00e9rotisme (Pour Greuze ce sera les deux, un m\u00e9lange hasardeux de sentimentalisme et d\u2019\u00e9rotisme).<\/p>\n\n\n\n<p>Ici, les tonalit\u00e9s chaudes, la touche large et grasse, l\u2019attention port\u00e9e aux modulations et aux accords de couleurs plus qu\u2019aux contours, sont autant de manifestes du primat accord\u00e9 par le peintre au coloris, ce que n\u2019acceptera jamais Greuze<\/p>\n\n\n\n<p>De plus, de la Fosse a jou\u00e9 un r\u00f4le cl\u00e9 dans l\u2019histoire de l\u2019art fran\u00e7ais, en sa qualit\u00e9 de directeur de l\u2019Acad\u00e9mie royale de peinture et de sculpture au d\u00e9but du si\u00e8cle, passant non seulement de la ligne \u00e0 la couleur, mais aussi du classicisme du style fran\u00e7ais de la cour de Louis XIV au style rococo plus l\u00e9ger et plus ludique.<\/p>\n\n\n\n<p>Greuze est rest\u00e9 au milieu de gu\u00e9. Avec ses compositions soign\u00e9es, trop soign\u00e9es. Sa pr\u00e9cision du dessin et la minutie des d\u00e9tails le placeront en marge des courants picturaux les plus en vogue, sans nuire avant la fin du si\u00e8cle \u00e0 son succ\u00e8s public.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u2019autant que dans le m\u00eame temps le philosophe et critique Diderot lui lan\u00e7ait \u201cMon ami Greuze, fais de la morale en peinture\u201d. Ce qu\u2019il fit.<\/p>\n\n\n\n<p>Avec son savoir pr\u00e9cis, sa ligne exacte, son d\u00e9cor signifiant, ses tableaux font l\u2019\u00e9loge de la vertu et la repr\u00e9sentaton d\u2019un monde bourgeois . Ce sont des faits divers ( La mal\u00e9diction paternelle, 1777, Au <br>Louvre) , des r\u00e9unions calmes, familiales ( La veuve et son cur\u00e9,1784, Saint P\u00e9tersbourg).<\/p>\n\n\n\n<p>Et lorsqu\u2019il tente un peu d\u2019\u00e9quivoque, Goncourt \u00e9crit :\u201dil change en provocation la simplicit\u00e9 et le n\u00e9glig\u00e9 de la  jeune fille, ce qui flatte les \u201capp\u00e9tits us\u00e9s\u201d de son si\u00e8cle. On serait loin de Fragonard, son chic et son ironie.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais il conserve \u00e0 nos yeux une fra\u00eecheur de touche et une \u00e2me candide. Et cela se traduit bien dans les nombreux portraits qu\u2019il a r\u00e9alis\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>Mais il tire sans doute aussi trop souvent sur la corde path\u00e9tique\u2026si bien qu\u2019\u00e0 la fin elle se rompt.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full is-resized\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"741\" height=\"897\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/image-20.png?resize=741%2C897\" alt=\"\" class=\"wp-image-3070\" style=\"width:741px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/image-20.png?w=741 741w, https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/image-20.png?resize=248%2C300 248w\" sizes=\"(max-width: 741px) 100vw, 741px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">Jean-Baptiste Greuze, <em>l\u2019enfant g\u00e2t\u00e9<\/em>, \u00a01763, Salon de 1765, peinture sur toile, 66,5x56cm, mus\u00e9e de l\u2019Ermitage, Saint Petersbourg.<\/p>\n\n\n\n<p>Ici, le portrait d\u2019une m\u00e8re bien indulgente dans une sc\u00e8ne de genre rustique o\u00f9 se multiplient les accessoires. Donc Greuze perdrait sur tous les tableaux et en particulier celui-ci. Pourtant on sent que Greuze poss\u00e8de une \u00e2me d\u00e9licate et sensible. Mieux qu\u2019un disciple des peintres hollandais il est le peintre d\u2019un monde humble mais g\u00e9n\u00e9reux.<\/p>\n\n\n\n<p>Peut-on alors se tourner vers Chardin, peintre du regard, du myst\u00e8re, qui cr\u00e9e dans ses portraits une pr\u00e9sence vivante de ses mod\u00e8les en \u00e9voquant simplement l\u2019\u00eatre lui-m\u00eame, dans sa substance et la lumi\u00e8re des objets dont il fait sentir la mat\u00e9rialit\u00e9.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"741\" height=\"614\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/image-21.png?resize=741%2C614\" alt=\"\" class=\"wp-image-3075\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/image-21.png?w=741 741w, https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/image-21.png?resize=300%2C249 300w\" sizes=\"(max-width: 741px) 100vw, 741px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">Jean-Sim\u00e9on Chardin, <em>Une dame qui prend du th\u00e9<\/em>, 1735, toile, 80x101ccm. Glasgow, The hunterian art gallery.<\/p>\n\n\n\n<p>Il n\u2019y a rien d\u2019engageant chez cette dame, ses traits ne sont pas raffin\u00e9s, son attitude commune. Mais il y a quelque chose de touchant dans ce portrait de femme r\u00eaveuse qui fixe son regard sur la vapeur \u00a0de son th\u00e9 fumant.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"542\" height=\"672\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/image-22.png?resize=542%2C672\" alt=\"\" class=\"wp-image-3079\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/image-22.png?w=542 542w, https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/image-22.png?resize=242%2C300 242w\" sizes=\"(max-width: 542px) 100vw, 542px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">Jean-Sim\u00e9on Chardin, <em>enfant jouant aux cartes<\/em>, 1740, 82x66cm, mus\u00e9e du Louvre, Paris.<\/p>\n\n\n\n<p>Chardin , de m\u00eame que dans la dame qui prend du th\u00e9, sait fixer en peinture un regard, ici celui \u00a0concentr\u00e9 de l\u2019enfant sur son jeu de cartes.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full is-resized\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"945\" height=\"821\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/image-23.png?resize=945%2C821\" alt=\"\" class=\"wp-image-3087\" style=\"width:840px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/image-23.png?w=945 945w, https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/image-23.png?resize=300%2C261 300w, https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/image-23.png?resize=768%2C667 768w\" sizes=\"(max-width: 945px) 100vw, 945px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">Jean-Sim\u00e9on Chardin, <em>l\u2019Enfant au toton<\/em>, peint avant\u00a01738, huile\u00a0sur toile, 67 cm de haut sur 76 cm de large,\u00a0Paris au mus\u00e9e du Louvre<\/p>\n\n\n\n<p>Il repr\u00e9sente un enfant absorb\u00e9 dans la contemplation du tournoiement d\u2019un toton, une sorte de toupie. Le jouet tourne sur la table au bord de\u00a0laquelle s\u2019appuie l\u2019enfant. Sur cette table, en second plan, on distingue des livres, une plume et un encrier. Du tiroir du meuble entrouvert, d\u00e9passe un porte-craie. Il traite avant tout d\u2019une image en dehors du temps, d\u2019un enfant absorb\u00e9 dans son monde de jeux, \u00e9tranger \u00e0 tout ce qui l\u2019entoure.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais Diderot \u00a0reproche \u00e0 Chardin le caract\u00e8re de ses portraits proches de la nature, de la mati\u00e8re sensible\u00a0:\u00a0\u00ab\u00a0Ce n\u2019est pas de la po\u00e9sie, ce n\u2019est que de la peinture\u2026Ce peintre n\u2019a jamais produit de verve, il \u00a0a le g\u00e9nie du technique\u00a0; c\u2019est un machiniste merveilleux.\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019absence de force lyrique,\u00a0 de passion historique, de vision est encore plus marqu\u00e9e chez Perroneau, par exemple.\u00a0 On a remarqu\u00e9, le calme heureux des visages qu\u2019il peints, qui paraissent \u00ab\u00a0\u00e9couter de la musique\u00a0\u00bb.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-large\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"836\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/image-24.png?resize=836%2C1024\" alt=\"\" class=\"wp-image-3090\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/image-24.png?resize=836%2C1024 836w, https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/image-24.png?resize=245%2C300 245w, https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/image-24.png?resize=768%2C941 768w, https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/image-24.png?w=945 945w\" sizes=\"(max-width: 836px) 100vw, 836px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n<p class=\"has-text-align-left\">.Jean-Baptiste Perronneau<em> ,<\/em> <em>Olivier Journu<\/em> (1756), New York, Metropolitan Museum of Art.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>Jean-Baptiste Perronneau (1715-1783) fut ainsi v\u00e9ritablement le peintre de la bourgeoisie, plus soucieux du traitement esth\u00e9tique de la r\u00e9alit\u00e9 que de la fid\u00e9lit\u00e9 \u00e0 son mod\u00e8le\u00a0. Mais chez lui ces choix esth\u00e9tiques sont convenus . C\u2019est typiquement l\u2019art \u00e0 la mode avec la m\u00eame pose, le m\u00eame sourire, la m\u00eame absence d\u2019atmosph\u00e8re dans la plupart des cas.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"741\" height=\"884\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/image-10.png?resize=741%2C884\" alt=\"\" class=\"wp-image-3440\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/image-10.png?w=741 741w, https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/image-10.png?resize=251%2C300 251w\" sizes=\"(max-width: 741px) 100vw, 741px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n<p>                              Jean-Baptiste Perronneau, <em>Portrait d\u2019homme<\/em>, 1766<\/p>\n\n\n\n<p>Proust l\u2019appr\u00e9ciait vraiment . Ainsi dans \u201cLe c\u00f4t\u00e9 de Guermantes\u201d il justifie que le peintre Elstir \u201cadmir\u00e2t Perronneau\u201d\u201d.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>Heureusement, il y a les portraits de Fragonard, joyeux, ironiques.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"741\" height=\"933\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/image-25.png?resize=741%2C933\" alt=\"\" class=\"wp-image-3095\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/image-25.png?w=741 741w, https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/image-25.png?resize=238%2C300 238w\" sizes=\"(max-width: 741px) 100vw, 741px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">Jean \u2013Honor\u00e9 Fragonard<em>, Louis-richard de la Bret\u00e8che, <\/em>1769, huile sur toile, 80 x 65cm, mus\u00e9e du Louvre.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est un tableau mettant en sc\u00e8ne l\u2019abb\u00e9 de Saint Non -dr\u00f4le de nom pour un abb\u00e9, mais il est si fantasque-  o\u00f9 le mod\u00e8le est repr\u00e9sent\u00e9 dans un v\u00eatement de fantaisie, dans une gestuelle fantasque, et dans un pur style rococo.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"769\" height=\"938\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/image-26.png?resize=769%2C938\" alt=\"\" class=\"wp-image-3101\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/image-26.png?w=769 769w, https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/image-26.png?resize=246%2C300 246w\" sizes=\"(max-width: 769px) 100vw, 769px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">Jean-Honor\u00e9 Fragonard<em>, autrefois dit portrait de Denis Diderot<\/em>, huile sur toile, 65 x 81, 5cm.<\/p>\n\n\n\n<p>Fragonard a peint les yeux de Diderot d\u2019une couleur diff\u00e9rente de celle qu\u2019il avait en r\u00e9alit\u00e9. La libert\u00e9 de l\u2019artiste ou alors c\u2019est quelqu\u2019un d\u2019autre.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-large\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"746\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/image-27.png?resize=746%2C1024\" alt=\"\" class=\"wp-image-3106\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/image-27.png?resize=746%2C1024 746w, https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/image-27.png?resize=219%2C300 219w, https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/image-27.png?resize=768%2C1054 768w, https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/image-27.png?w=945 945w\" sizes=\"(max-width: 746px) 100vw, 746px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n<p>Fragonard, <em>Autoportrait,<\/em> <em>en buste, le visage souriant<\/em>, vers 1780\u20131785, pierre noire avec lavis gris, Paris, mus\u00e9e du Louvre.\u00a0<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Chez Greuze, des portraits qui vantent le naturel, la personnalit\u00e9 du mod\u00e8le, son intimit\u00e9\u00a0<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>Greuze eut beaucoup de succ\u00e8s en qualit\u00e9 de portraitiste. Sans \u00eatre influenc\u00e9 par un grand ma\u00eetre en particulier, il fit des emprunts \u00e0 Rembrandt dans l\u2019\u00e9clairage de ses personnages (Joseph 1755, Louvre)<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"822\" height=\"938\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/image-28.png?resize=822%2C938\" alt=\"\" class=\"wp-image-3112\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/image-28.png?w=822 822w, https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/image-28.png?resize=263%2C300 263w, https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/image-28.png?resize=768%2C876 768w\" sizes=\"(max-width: 822px) 100vw, 822px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n<p>Greuze, <em>Portrait de Joseph, mod\u00e8le de l\u2019Acad\u00e9mie Royale tenant une po\u00eale \u00e0 feu<\/em>, 1755, huile sur toile, largeur 58 cm, hauteur\u202f: 68 cm, mus\u00e9e du Louvre. Paris<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019harmonie g\u00e9n\u00e9rale et la vie intense du regard\u00a0 qui fixe le spectateur font\u00a0 de Greuze un peintre des\u00a0 hommes du peuple dans sa force et sa dignit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"866\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/image-29.png?resize=866%2C1024\" alt=\"\" class=\"wp-image-3118\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/image-29.png?resize=866%2C1024 866w, https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/image-29.png?resize=254%2C300 254w, https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/image-29.png?resize=768%2C909 768w, https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/image-29.png?w=945 945w\" sizes=\"(max-width: 866px) 100vw, 866px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p>Rembrandt, <em>Portrait d\u2019une jeune femme, peut-\u00eatre Magdalena Van Loo<\/em> , vers 1668, huile sur toile, 56,3 x47,5 cm , mus\u00e9e des Beaux-arts, Montr\u00e9al, Canada.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais tous ses portraits n\u2019ont pas rompu avec l\u2019ancienne mani\u00e8re \u00a0et il se montre parfois \u00a0solennel et\u00a0 fid\u00e8le \u00e0 la \u00ab\u00a0grande mani\u00e8re\u00a0\u00bb.\u00a0<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"748\" height=\"936\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/image-30.png?resize=748%2C936\" alt=\"\" class=\"wp-image-3122\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/image-30.png?w=748 748w, https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/image-30.png?resize=240%2C300 240w\" sizes=\"(max-width: 748px) 100vw, 748px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">Greuze, <em>Portrait de Monseigneur de Valras<\/em>, \u00e9v\u00eaque de M\u00e2con, (1690-1763), 1771, M\u00e2con.<\/p>\n\n\n\n<p>Aucune singularit\u00e9 dans sa physionomie. Le tableau ne vaut que par le prix des \u00e9toffes du pr\u00e9lat qui se pr\u00e9lasse.<\/p>\n\n\n\n<p>Les emp\u00e2tements rendent la solidit\u00e9 molle des chairs et la consistance des riches \u00e9toffes. Mais \u00e0 force de glacis, le tableau devient luisant et finit par ressembler \u00e0 une toile cir\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Le portrait entre mim\u00e9sis et art du peintre<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>Le portrait est une \u0153uvre d\u2019art, ce qui suppose la primaut\u00e9 de l\u2019esth\u00e9tique et de l\u2019id\u00e9al artistique sur la ressemblance, o\u00f9 le tableau ne serait que le simple reflet du mod\u00e8le.<\/p>\n\n\n\n<p>Les portraits\u00a0 habituels \u00e9taient critiqu\u00e9s \u00e0 cause du langage corporel codi\ufb01\u00e9, de canons bien \u00e9tablis. L\u2019art\u00a0 consiste \u00a0\u00e0 trouver l\u2019\u00e9quilibre entre la ressemblance avec le mod\u00e8le et la vision artistique de l\u2019artiste. Les \u00e9carts pris avec le mod\u00e8le \u00a0peuvent se faire avec plus ou moins de \ufb01nesse et de gr\u00e2ce. Au final l\u2019emportent les exigences de l\u2019id\u00e9al \u00a0et de la beaut\u00e9 de l\u2019\u0153uvre d\u2019art.<\/p>\n\n\n\n<p>Certes,\u00a0la ressemblance constituait une\u00a0\u00ab partie essentielle \u00bb des portraits et, pour la personne repr\u00e9sent\u00e9e, ses proches et le public profane, qui aiment \u00ab l\u2019imitation agr\u00e9able \u00bb, elle \u00e9tait\u00a0m\u00eame le\u00a0\u00ab\u00a0principal et presque\u00a0unique m\u00e9rite qui les int\u00e9ressaient \u00bb. Cependant, pour ceux qui jugeaient d\u2019une \u0153uvre mais surtout pour la\u00a0post\u00e9rit\u00e9, la ressemblance n\u2019avait pas cette importance absolue.<\/p>\n\n\n\n<p>Ainsi, nous admirons dans les portraits de Titien, de Van Dyck, de Rembrandt ou encore de Rigaud, le \u00ab grand art de\u00a0la Peinture \u00bb, sans savoir si les personnages repr\u00e9sent\u00e9s ressemblent vraiment \u00e0 leurs mod\u00e8les. Ces peintres n\u2019ont semble-t-il \u00a0jamais recherch\u00e9 la ressemblance \u00ab\u00a0la plus\u00a0exacte\u00a0\u00bb dans\u00a0leurs portraits, mais\u00a0cr\u00e9\u00e9, gr\u00e2ce \u00e0 leur exp\u00e9rience qui se fonde sur la \u00ab science du dessin et une \u00ab\u00a0belle imagination de\u00a0la Nature \u00e0\u00a0tous \u00e9gards \u00bb, une\u00a0v\u00e9ritable \u00ab ressemblance savante \u00bb.<\/p>\n\n\n\n<p>Ils cr\u00e9aient d\u2019abord des \u0153uvres de Titien, de Van Dyck, de Rembrandt.<\/p>\n\n\n\n<p>De ce point de vue, la ressemblance ne serait donc pas le crit\u00e8re d\u00e9cisif. On pourrait m\u00eame avancer que c\u2019est le moins important.<\/p>\n\n\n\n<p>Le portrait est donc d\u2019abord une \u0153uvre d\u2019art et non pas la photographie la plus exacte possible du r\u00e9el.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Les caract\u00e9ristiques du portrait chez Greuze<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>Greuze s\u2019employait \u00e0 rendre les apparences physiologiques. Un portrait d\u2019homme ne sera pas l\u2019approfondissement\u00a0 d\u2019un caract\u00e8re psychologique mais la peinture d\u2019un \u00eatre naturel, d\u2019une expression.<\/p>\n\n\n\n<p>De m\u00eame, la position sociale de son mod\u00e8le ne sera pas le centre de son attention. Il se refusera \u00e0 peindre les figures poudr\u00e9es, les attifements de cour, en rupture compl\u00e8te avec la mode de la cour royale.\u00a0<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"406\" height=\"489\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/image-31.png?resize=406%2C489\" alt=\"\" class=\"wp-image-3130\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/image-31.png?w=406 406w, https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/image-31.png?resize=249%2C300 249w\" sizes=\"(max-width: 406px) 100vw, 406px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\"><em>Jean-Baptiste Greuze,\u00a0 Portrait de Madame de Champcenetz<\/em>, 1770, ancienne collection du\u00a0 ch\u00e2teau de Franquetot.<\/p>\n\n\n\n<p>Avec ce c\u00f4t\u00e9 rembrandtesque et un petit air fripon du mod\u00e8le, Greuze a donn\u00e9 \u00e0 ce portrait, qui para\u00eet d\u00e9suet d\u00e9j\u00e0 pour l\u2019\u00e9poque, un caract\u00e8re intime .<\/p>\n\n\n\n<p>Lorsque l\u2019on regarde un portrait de cour, ce que l\u2019on admire c\u2019est l\u2019apparat; ce que l\u2019on contemple c\u2019est le rang \u00e9lev\u00e9, la puissance du pouvoir et de la richesse. On ne voit pas Louis XV ou Louis XVI, mais le Roi. A une \u00e9poque o\u00f9 la soci\u00e9t\u00e9 \u00e9tait divis\u00e9e en trois ordres, la noblesse, le clerg\u00e9 et le Tiers Etat, et o\u00f9 si souvent les hommes et les femmes du Tiers Etat comptaient peu, Greuze leur a donn\u00e9 une dignit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Greuze fait de l\u2019homme qu\u2019il peint l\u2019\u00e9gal d\u2019un prince ou d\u2019un notable. Ce sera Courbet qui au si\u00e8cle suivant sera le plus fameux repr\u00e9sentant de cette mani\u00e8re de voir.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans ses premiers portraits Greuze avait opt\u00e9 pour un fond bross\u00e9, ind\u00e9fini, de couleur neutre, qui met ainsi habilement en lumi\u00e8re les visages, dont \u00ab\u00a0les\u00a0carnations sont d\u00e9rob\u00e9es \u00e0 la nature m\u00eame\u00a0\u00bb selon les termes de l\u2019abb\u00e9 Bidard \u00e0 propos du Portrait de Fran\u00e7ois Babuti (1761), le beau-p\u00e8re de Greuze.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"630\" height=\"750\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/image-32.png?resize=630%2C750\" alt=\"\" class=\"wp-image-3136\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/image-32.png?w=630 630w, https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/image-32.png?resize=252%2C300 252w\" sizes=\"(max-width: 630px) 100vw, 630px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n<p><br><\/p>\n\n\n\n<p>Selon Diderot\u00a0: \u00ab le Portrait de Babuti, beau-p\u00e8re du peintre, est de toute beaut\u00e9. Et ces yeux \u00e9raill\u00e9s et larmoyants, et cette chevelure gris\u00e2tre, et ces chairs, et ces d\u00e9tails de vieillesse qui sont infinis au bas du visage et autour du cou, Greuze les a tous rendus\u00a0; et cependant sa peinture est large.\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Greuze \u00e9crivait dans une note sur l\u2019art de peindre\u00a0:\u00a0\u00ab\u00a0 Faites des \u00e9tudes avant que de peindre en dessinant surtout. Veillez \u00e0 ce que vos fonds soient bien emp\u00e2t\u00e9s, et si vous ne r\u00e9ussissez pas ne craignez pas de revenir apr\u00e8s, pourvu que ce soit en glacis, n\u2019emp\u00e2tez jamais vos dentelles ni vos gazes, soyez au moins piquant si vous ne parvenez pas \u00e0 \u00eatre vrai\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Les portraits d\u2019enfant ou l\u2019\u00e9loge de la sensibilit\u00e9<\/strong><\/h2>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"775\" height=\"936\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/image-33.png?resize=775%2C936\" alt=\"\" class=\"wp-image-3141\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/image-33.png?w=775 775w, https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/image-33.png?resize=248%2C300 248w, https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/image-33.png?resize=768%2C928 768w\" sizes=\"(max-width: 775px) 100vw, 775px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><br><\/p>\n\n\n\n<p>Jean-Baptiste Greuze, <em>Portrait de Charles-\u00c9tienne de Bourgevin de Vialart, comte de Saint-Morys, enfant,<\/em> huile sur toile, hauteur\u202f: 65 cm\u00a0; largeur\u202f: 54 cm, mus\u00e9e d\u2019arts de Nantes<\/p>\n\n\n\n<p>Encadr\u00e9 de sa chevelure abondante et vaporeuse, son teint est p\u00e2le, quasi maladif. Il porte un \u00e9l\u00e9gant costume blanc de satin blanc. Certes inspir\u00e9 de celui du Pierrot de la com\u00e9die italienne, mais aussi une couleur qui elle-m\u00eame a une valeur symbolique chez Greuze et lui permet d\u2019exprimer une vision ontologique de l\u2019enfance.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019enfant a un visage qui commence \u00e0 s\u2019allonger, un front haut, un nez droit, des sourcils dessin\u00e9s, une l\u00e9g\u00e8re fossette sur un menton rond, une bouche petite et charnue qui esquisse une moue presque boudeuse ou frondeuse. Il porte un petit surtout court et resserr\u00e9 \u00e0 la taille\u00a0 avec une collerette bouillonn\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<p>La rose ancienne et l\u2019\u0153illet, symboles de fra\u00eecheur voient leurs coroles tr\u00e8s \u00e9panouies. Un contrepoint\u00a0 de l\u2019enfance qui ne dure pas avec des fleurs qui vont bient\u00f4t se faner.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Greuze, peintre de ses amis<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>Greuze a peint des effigies de ses amis Sylvestre et Pigalle, ainsi que du graveur Wille qui reproduisit et diffusa son \u0153uvre.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"645\" height=\"750\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/image-34.png?resize=645%2C750\" alt=\"\" class=\"wp-image-3148\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/image-34.png?w=645 645w, https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/image-34.png?resize=258%2C300 258w\" sizes=\"(max-width: 645px) 100vw, 645px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n<p><br><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">Jean-Baptiste Greuze, <em>Portrait de M. Wille, graveur du roi<\/em>, Salon de 1766, peinture sur toile, 59x49cm , mus\u00e9e Jacquemart-Andr\u00e9, Paris.<\/p>\n\n\n\n<p>Ici, la sanguine, la craie, la mine de plomb se croisent pour un portrait que Greuze veut \u00ab\u00a0vrai\u00a0\u00bb. Son coloris est franc, vigoureux. Il a aussi une mani\u00e8re de peindre les visages assez caract\u00e9ristiques. Ce visage para\u00eet \u00eatre un pendant de celui par exemple de la \u201cm\u00e8re bien aim\u00e9e \u201d ( voir l\u2019image mise en avant de le titre de l\u2019article).<\/p>\n\n\n\n<p>Diderot en fit ainsi la critique\u00a0:\u00ab Tr\u00e8s beau portrait. C\u2019est l\u2019air brusque et dur de Wille ; c\u2019est sa raide encolure ; c\u2019est son \u0153il petit, ardent, effar\u00e9\u00a0; ce sont ses joues couperos\u00e9es. Comme cela est coiff\u00e9\u00a0! Que le dessin est beau\u00a0! Que la touche est fi\u00e8re\u00a0! Quelles v\u00e9rit\u00e9s et vari\u00e9t\u00e9s de tons\u00a0! Et le velours, et le jabot, et les manchettes d\u2019une ex\u00e9cution ! J\u2019aurais plaisir \u00e0 voir ce portrait \u00e0 c\u00f4t\u00e9 d\u2019un Rubens, d\u2019un Rembrandt ou d\u2019un Van Dyck. J\u2019aurais plaisir \u00e0 sentir ce qu\u2019il y aurait \u00e0 perdre ou \u00e0 gagner pour notre peintre. Quand on a vu ce Wille, on tourne le dos aux portraits des autres, et m\u00eame aux de Greuze.\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-large\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"777\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/image-2.png?resize=777%2C1024\" alt=\"\" class=\"wp-image-3499\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/image-2.png?resize=777%2C1024 777w, https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/image-2.png?resize=228%2C300 228w, https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/image-2.png?resize=768%2C1013 768w, https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/09\/image-2.png?w=945 945w\" sizes=\"(max-width: 777px) 100vw, 777px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">Jean-Baptiste Greuze, <em>Portrait de Claude-Henri Watelet,<\/em> 1763-1765<\/p>\n\n\n\n<p>Claude-Henri Watelet (1718-1786), receveur g\u00e9n\u00e9ral des finances de la g\u00e9n\u00e9ralit\u00e9 d\u2019Orl\u00e9ans, est lui aussi un artiste amateur prolifique. Ses estampes se comptent par centaines et l\u2019on conna\u00eet aujourd\u2019hui plus d\u2019une quarantaine de ses dessins. ( voir l\u2019article sur Sisley premi\u00e8re partie sur ce site)<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Pour Greuze les\u00a0 princes,\u00a0 les hommes\u00a0 de la cour sont des hommes,\u00a0 des femmes et des enfants<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>Episodiquement, Greuze \u00a0r\u00e9pond aux commandes des grands de son temps. Mais il les peint de la m\u00eame mani\u00e8re qu\u2019il aurait peint un homme du monde, un bourgeois ou un homme de lettres et non\u00a0 pas un prince ou une princesse du sang.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-large\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"788\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/image-35.png?resize=788%2C1024\" alt=\"\" class=\"wp-image-3156\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/image-35.png?resize=788%2C1024 788w, https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/image-35.png?resize=231%2C300 231w, https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/image-35.png?resize=768%2C998 768w, https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/image-35.png?w=945 945w\" sizes=\"(max-width: 788px) 100vw, 788px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">Jean-Baptiste Greuze\u00a0(1725-1805),\u00a0<em>Portrait du prince Louis-Charles de Bourbon, Dauphin de France, (1785-1795), fils cadet du roi Louis\u00a0XVI et de la reine Marie-Antoinette<\/em>, huile sur toile, 40\u00a0x\u00a030,5\u00a0cm.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce tableau, pr\u00e9sent\u00e9 au salon de 1761 avait plu au Dauphin qui lui demanda d\u2019en r\u00e9aliser un de la Dauphine\u00a0; devant elle il aurait r\u00e9pondu qu\u2019il n\u2019en \u00e9tait pas question, faisant allusion aux poudres et fards que les femmes de ce temps se mettaient sur la figure.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Les derniers portraits de Greuze<\/strong><\/h2>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"841\" height=\"1016\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/image-36.png?resize=841%2C1016\" alt=\"\" class=\"wp-image-3161\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/image-36.png?w=841 841w, https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/image-36.png?resize=248%2C300 248w, https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/image-36.png?resize=768%2C928 768w\" sizes=\"(max-width: 841px) 100vw, 841px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">Jean-Baptiste Greuze, <em>Portrait de Michel-Nicolas Hussard<\/em> (1749-1827), 1805, \u00a0Hauteur : 0.725 m, Largeur : 0.59 m, Nantes, mus\u00e9e des Beaux-Arts<\/p>\n\n\n\n<p>Peint \u00e0 mi-corps, Michel-Nicolas Hussard porte une redingote et un chapeau noirs, cravate et gilet blancs. Le gilet blanc n\u2019est pas pour d\u00e9plaire \u00e0 Greuze. L\u2019homme conserve une certaine \u00e9l\u00e9gance froide malgr\u00e9 un visage joufflu et un double menton.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u00e9sormais Greuze s\u2019int\u00e9resse davantage au visage et \u00e0 l\u2019expression de son mod\u00e8le.\u00a0 Il cherche davantage \u00e0 transcrire sinc\u00e8rement et attentivement la r\u00e9alit\u00e9 de son sujet.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce tableau a \u00e9t\u00e9 peint juste avant sa mort. Il frappe par sa simplicit\u00e9. L\u2019artiste se d\u00e9tourne de sa mani\u00e8re brillante et suave, au profit de moyens plus directs plus concentr\u00e9s et d\u2019une touche moins emp\u00e2t\u00e9e. On est d\u00e9sormais loin des dentelles et des satins (comme dans le portrait de la marquise de Bezons, 1759).<\/p>\n\n\n\n<p>Cela montre aussi que Greuze n\u2019\u00e9tait pas insensible \u00e0 la nouvelle mani\u00e8re de peindre, celle n\u00e9oclassique de l\u2019\u00e9cole de Vien et de David.<\/p>\n\n\n\n<p>Bien diff\u00e9rent est le portrait du peintre n\u00e9oclassique et pr\u00e9romantique Antoine-Jean Gros peint par Fran\u00e7ois G\u00e9rard.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"616\" height=\"816\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/image-37.png?resize=616%2C816\" alt=\"\" class=\"wp-image-3167\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/image-37.png?w=616 616w, https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/image-37.png?resize=226%2C300 226w\" sizes=\"(max-width: 616px) 100vw, 616px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">Fran\u00e7ois G\u00e9rard, portrait d\u2019Antoine-G\u00e9rard Gros \u00e0 l\u2019\u00e2ge de 20 ans , 1790, mus\u00e9e des Augustins, Toulouse.<\/p>\n\n\n\n<p>Derri\u00e8re le portrait d\u2019un jeune homme, il s\u2019agit du portrait d\u2019une ambition et d\u2019un style de vie entre dandy et romantique. La simplicit\u00e9 de Greuze n\u2019a rien \u00e0 faire ici.\u00a0\u00a0<\/p>\n\n\n\n<p>Le visage du mod\u00e8lee est expos\u00e9 \u00e0 la lumi\u00e8re dans un ton local. Ce portrait laisse pr\u00e9sager de la peinture du XIX\u00e8me pass\u00e9e la mode du n\u00e9oclacissime.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Greuze et\u00a0 ses portraits emport\u00e9s par la R\u00e9volution<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>La R\u00e9volution balaya l\u2019absolutisme royal et le monde de la Cour. Il \u00e9tait loin le temps des fanfreluches, des embarquements pour Cyth\u00e8re, de la Com\u00e9die italienne du d\u00e9but du si\u00e8cle. S\u2019\u00e9tait arr\u00eat\u00e9 aussi\u00a0 l\u2019\u00e9poque de Versailles, des maitresses du Roi et celle de la berg\u00e8re du Trianon.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-large\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"859\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/image-38.png?resize=859%2C1024\" alt=\"\" class=\"wp-image-3177\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/image-38.png?resize=859%2C1024 859w, https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/image-38.png?resize=252%2C300 252w, https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/image-38.png?resize=768%2C916 768w, https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/image-38.png?w=945 945w\" sizes=\"(max-width: 859px) 100vw, 859px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">Elisabeth Vig\u00e9e Le Brun, <em>Marie-Antoinette dit \u00ab\u00a0\u00e0 la rose\u00a0<\/em>\u00bb, 1783,\u00a0 mus\u00e9e national des ch\u00e2teaux de Versailles et de Trianon.<\/p>\n\n\n\n<p>Derniers feux, derniers \u00e9clats de la monarchie, Elisabeth Vig\u00e9e Le Brun sauve ce qu\u2019elle peut. <\/p>\n\n\n\n<p>Peinte dans un style rococo bien sage, l\u2019artiste att\u00e9nue les d\u00e9fauts physiques de la reine en lui affinant les traits pour en diffuser une meilleure image.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Derniers feux de Versailles<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>Le vif go\u00fbt des portraits au XVIII\u00e8me si\u00e8cle nous aura permis de d\u00e9tenir aujourd\u2019hui toute une galerie des portraits des acteurs de la R\u00e9volution. Ainsi, par exemple, ceux qui ont jou\u00e9 un grand r\u00f4le au d\u00e9but de la R\u00e9volution, de la r\u00e9union des Etats g\u00e9n\u00e9raux \u00e0 la r\u00e9vocation et l\u2019ex\u00e9cution de Louis XVI.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\"><div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full is-resized\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"344\" height=\"430\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/image-1.png?resize=344%2C430\" alt=\"\" class=\"wp-image-3395\" style=\"width:343px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/image-1.png?w=344 344w, https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/image-1.png?resize=240%2C300 240w\" sizes=\"(max-width: 344px) 100vw, 344px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n<p>Jean-Laurent Mosnier, \u00a0<em>Portrait de Jean-Sylvain Bailly (1736-1793), savant et homme politique\u00a0; maire de Paris de 1789 \u00e0 1791<\/em>, huile sur toile, 1789,\u00a0 mus\u00e9e Carnavalet, Paris<\/p>\n\n\n\n<p>Pierre Moustiers, dans son roman historique \u00ab\u00a0Un aristocrate \u00e0 la lanterne\u00a0\u00bb \u00e9crit\u00a0:\u00a0\u00ab\u00a0<\/p>\n\n\n\n<p>Depuis que ce digne savant avait abandonn\u00e9 l\u2019astronomie pour la politique son apparence physique avait chang\u00e9\u00a0: de face, le visage d\u00e9licat rosissait sous une tension musculaire qui ne lui \u00e9tait pas naturelle tandis que brillait avec fixit\u00e9 le regard habitu\u00e9 \u00e0 se perdre dans la contemplation des \u00e9toiles. De profil le nez s\u2019allongeait, les joues se creusaient et la bouche exprimait une d\u00e9sillusion de po\u00e8te. Il venait d\u2019\u00eatre nomm\u00e9 pr\u00e9sident de l\u2019Assembl\u00e9e Nationale et ce titre colorait ind\u00e9finiment ses pommettes et l\u2019obligeait \u00e0 se pr\u00e9senter de face en toutes occasions, dans un salon comme sur une estrade.\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Lors du rasemblement du peuple de Paris sur le champ de mars le 16 juillet 1791, le maire de Paris, Bailly, a proclam\u00e9 la loi martiale. Les soldats sont venus disperser la manifestation . Ils pouvaient tirer sur les patriotes apr\u00e8s deux sommations.<br><br>Dans son roman sur les enqu\u00eates de Nicolas Le Floch \u201d Le secret de Marie-Antoinette\u201d, Laurent Joffrin  d\u00e9crit \u201cUn grand drapeau rouge, embl\u00e8me de la loi martiale \u00e9tait d\u00e9ploy\u00e9 en avant d\u2019une troupe serr\u00e9e de gardes nationaux. Pr\u00e8s du drapeau, la longue figure de Bailly, le maire de Paris, marchait en t\u00eate des soldats, une m\u00e2le r\u00e9solution sur son visage allong\u00e9e\u2026Les soldats lev\u00e8rent leur fusil et lach\u00e8rent une salve sur la foule.\u201d  <\/p>\n\n\n\n<p>Il sera guillotin\u00e9 le 11 novembre 1793, la guillotine ayant \u00e9t\u00e9 symboliquement  transport\u00e9e sur le champ de mars, lieu de son haut fait. <\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"344\" height=\"453\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/image-3.png?resize=344%2C453\" alt=\"\" class=\"wp-image-3397\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/image-3.png?w=344 344w, https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/image-3.png?resize=228%2C300 228w\" sizes=\"(max-width: 344px) 100vw, 344px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n<p>Auteur pr\u00e9sum\u00e9 Joseph Boze<em>, Portrait pr\u00e9sum\u00e9 d\u2019Antoine Barna<em>ve (1761-1793<\/em>),\u00a0vers 1791,\u00a0 mus\u00e9e Carnavalet, Paris<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"381\" height=\"625\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/image-5.png?resize=381%2C625\" alt=\"\" class=\"wp-image-3401\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/image-5.png?w=381 381w, https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/image-5.png?resize=183%2C300 183w\" sizes=\"(max-width: 381px) 100vw, 381px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n<p>                                              Joseph Boze, <em>Portrait de Mirabeau<\/em>,1789, Pastel<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"406\" height=\"509\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/image-6.png?resize=406%2C509\" alt=\"\" class=\"wp-image-3406\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/image-6.png?w=406 406w, https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/image-6.png?resize=239%2C300 239w\" sizes=\"(max-width: 406px) 100vw, 406px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n<figure class=\"wp-block-gallery has-nested-images columns-default is-cropped wp-block-gallery-2 is-layout-flex wp-block-gallery-is-layout-flex\">\n<figure class=\"wp-block-image\"><img decoding=\"async\" src=\"blob:http:\/\/alexianeriou.fr\/a9a93b80-b275-4158-b87a-3675d1d6f72b\" alt=\"\"\/><\/figure>\n<\/figure>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<p>Joseph Boze, <em>Portrait de Mirabeau<\/em>, d\u00e9tail, 1789, Pastel<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Au c\u0153ur de la R\u00e9volution<\/strong><\/h2>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full is-resized\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"536\" height=\"732\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/image-7.png?resize=536%2C732\" alt=\"\" class=\"wp-image-3417\" style=\"width:840px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/image-7.png?w=536 536w, https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/image-7.png?resize=220%2C300 220w\" sizes=\"(max-width: 536px) 100vw, 536px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p>Pierre-Paul Prud\u2019hon<em>, Portrait de Louis de Saint-Just<\/em>, 1793,\u00a0huile sur toile, mus\u00e9e des beaux-arts de Lyon.<\/p>\n\n\n\n<figure class=\"wp-block-gallery has-nested-images columns-default is-cropped wp-block-gallery-3 is-layout-flex wp-block-gallery-is-layout-flex\"><\/figure>\n\n\n\n<p>Dans son roman historique \u00ab\u00a0Un aristocrate \u00e0 la lanterne \u00ab\u00a0 (il s\u2019agit de Philippe d\u2019Orl\u00e9ans dit Philippe Egalit\u00e9 qui a vot\u00e9 la mort du roi Louis XVI) , Pierre Moustiers\u00a0 \u00e9crit\u00a0:\u00a0\u00ab\u00a0 Camile Desmoulins\u00a0 pr\u00e9tend que Saint Just \u00a0porte sa t\u00eate comme un sacrement\u00a0. Il y a plus de v\u00e9rit\u00e9 que\u00a0 de malice dans\u00a0 cette boutade. Saint- Just avec sa beaut\u00e9 d\u00e9licate au teint d\u2019hostie\u2026\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"344\" height=\"519\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/image-8.png?resize=344%2C519\" alt=\"\" class=\"wp-image-3424\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/image-8.png?w=344 344w, https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/08\/image-8.png?resize=199%2C300 199w\" sizes=\"(max-width: 344px) 100vw, 344px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">David d\u2019Angers, \u00a0<em>Louis Antoine de Saint-Just<\/em>\u00a0(1848), galeries David d\u2019Angers, Angers<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Vers l\u2019empire<\/h2>\n\n\n\n<p>En 1803, Il s\u2019est trouv\u00e9 que le premier Consul avait command\u00e9 en m\u00eame temps son portrait \u00e0 Greuze et \u00e0 Ingres. Greuze avait 76 ans et Ingres 20 ans seulement.<\/p>\n\n\n\n<p>Le futur empereur n\u2019avait ni le temps ni la patience de poser. Il donna l\u2019ordre que les deux postulants se tinssent dans une galerie de Saint Cloud qu\u2019il devait traverser\u00a0; ils pourraient ainsi avoir de lui une vision rapide, retenir une impression qui leur servirait pour leur travail.<br><br>Parmi les courtisans, les officiers, les peintres sont bien l\u00e0, certes anxieux. Leur mod\u00e8le arrive, passe, s\u2019approche, est \u00e9tonn\u00e9 du regard attentif d\u2019Ingres\u00a0: \u00ab\u00a0il est bien jeune\u00a0!\u00a0\u00bbdit-il\u00a0; et voyant le pauvre Greuze en costume d\u00e9mod\u00e9 de l\u2019ancien r\u00e9gime\u00a0: \u00ab\u00a0mais il est bien vieux celui-l\u00e0\u00a0\u00bb.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"675\" height=\"937\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/image-39.png?resize=675%2C937\" alt=\"\" class=\"wp-image-3185\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/image-39.png?w=675 675w, https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/image-39.png?resize=216%2C300 216w\" sizes=\"(max-width: 675px) 100vw, 675px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n<p>.<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">Jean-Baptiste Greuze , avec le concours d\u2019Anna Greuze sa fille, <em>Bonaparte premier consul<\/em>, 1803, huile sur toile: hauteur\u202f242 cm\u00a0; largeur\u202f: 177 cm, ch\u00e2teau de Versailles<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-large\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"649\" height=\"1024\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/image-40.png?resize=649%2C1024\" alt=\"\" class=\"wp-image-3189\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/image-40.png?resize=649%2C1024 649w, https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/image-40.png?resize=190%2C300 190w, https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/image-40.png?resize=768%2C1211 768w, https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/image-40.png?w=859 859w\" sizes=\"(max-width: 649px) 100vw, 649px\" \/><\/figure><\/div>\n\n\n<p class=\"has-text-align-center\">Louis-Dominique Ingres, , <em>Napol\u00e9on Bonaparte premier consul<\/em>, 1803 ou 1804,huile sur toile,226\u00a0\u00d7\u00a0144 cm, \u00a0Li\u00e8ge<\/p>\n\n\n\n<p>\u0152uvre n\u00e9o-classique d\u2019Ingres qu\u2019a largement copi\u00e9 Antoine-Jean Gros en en accentuant les caract\u00e8res.<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter size-full\"><img data-recalc-dims=\"1\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"344\" height=\"525\" src=\"https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/image-41.png?resize=344%2C525\" alt=\"\" class=\"wp-image-3194\" srcset=\"https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/image-41.png?w=344 344w, https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/image-41.png?resize=197%2C300 197w\" sizes=\"(max-width: 344px) 100vw, 344px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Jean-Baptiste Gros, Bonaparte<em> premier consul<\/em><\/figcaption><\/figure><\/div>\n\n\n<p>Loin de l\u2019approche humaine de Greuze, c\u2019est le retour au tableau d\u2019apparat, \u00e0 la peinture d\u2019histoire, \u00e0 l\u2019hagiographie picturale.<\/p>\n\n\n\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><strong>Conclusion<\/strong><\/h2>\n\n\n\n<p>Greuze a \u00e9t\u00e9 un artiste qui n\u2019a pas connu comme Boucher la joie des arrangements color\u00e9s, comme Chardin le plaisir de rendre la nature dans toute sa mat\u00e9rialit\u00e9 lumineuse, comme Fragonard le bonheur d\u2019une po\u00e9tique ironique et virtuose, mais il nous aura laiss\u00e9 de belles figures empreintes d\u2019humanit\u00e9, de v\u00e9rit\u00e9, qu\u2019il a peintes avec une belle habilet\u00e9, une pr\u00e9cision\u00a0 tant dans les traits du mod\u00e8le que dans ses accessoires. Il l\u2019a fait avec orgueil et d\u00e9termination pour rendre \u00e0 ses mod\u00e8les toute la force de\u00a0 leurs caract\u00e8res.<\/p>\n\n\n\n<p>Il y a eu une production importante de portraits au cours de ce si\u00e8cle, on l\u2019a vu, ainsi on en trouve aujourd\u2019hui beaucoup dans presque tous les mus\u00e9es de France. Par exemple au mus\u00e9e Magnin \u00e0 Dijon aujourd\u2019hui gratuit. Alors, c\u2019est l\u2019occasion de passer un merveilleux moment avec les portraituristes du XVIII\u00e8me si\u00e8cle.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le portrait donne un visage au XVIII\u00e8me si\u00e8cle Dans la mesure o\u00f9 le privil\u00e8ge de se faire repr\u00e9senter par un grand artiste de son temps n\u2019\u00e9tait plus r\u00e9serv\u00e9 \u00e0 la famille royale et \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 de cour, une demande priv\u00e9e vit le jour et [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":2,"featured_media":2969,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"advgb_blocks_editor_width":"","advgb_blocks_columns_visual_guide":"","_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":""},"categories":[1,7],"tags":[],"author_meta":{"display_name":"Alexiane Riou","author_link":"http:\/\/alexianeriou.fr\/?author=2"},"featured_img":"https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/medium.jpg?fit=220%2C300","jetpack_sharing_enabled":true,"jetpack_featured_media_url":"https:\/\/i0.wp.com\/alexianeriou.fr\/wp-content\/uploads\/2024\/07\/medium.jpg?fit=293%2C400","coauthors":[],"tax_additional":{"categories":{"linked":["<a href=\"http:\/\/alexianeriou.fr\/?cat=1\" class=\"advgb-post-tax-term\">Non class\u00e9<\/a>","<a href=\"http:\/\/alexianeriou.fr\/?cat=7\" class=\"advgb-post-tax-term\">Une heure dans ma classe d&#039;arts plastiques<\/a>"],"unlinked":["<span class=\"advgb-post-tax-term\">Non class\u00e9<\/span>","<span class=\"advgb-post-tax-term\">Une heure dans ma classe d&#039;arts plastiques<\/span>"]}},"comment_count":"0","relative_dates":{"created":"Posted 2 years ago","modified":"Updated 9 months ago"},"absolute_dates":{"created":"Posted on 20 July 2024","modified":"Updated on 1 September 2025"},"absolute_dates_time":{"created":"Posted on 20 July 2024 23 h 18 min","modified":"Updated on 1 September 2025 12 h 58 min"},"featured_img_caption":"","series_order":"","_links":{"self":[{"href":"http:\/\/alexianeriou.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2968"}],"collection":[{"href":"http:\/\/alexianeriou.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/alexianeriou.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/alexianeriou.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/alexianeriou.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=2968"}],"version-history":[{"count":294,"href":"http:\/\/alexianeriou.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2968\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":4116,"href":"http:\/\/alexianeriou.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/2968\/revisions\/4116"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/alexianeriou.fr\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/media\/2969"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/alexianeriou.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=2968"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/alexianeriou.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=2968"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/alexianeriou.fr\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=2968"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}